Au Paléo, les filles ont invité les mecs à danser

La 34e édition du Paléo a débuté sous de bonnes grâces féminines. Gossip a marqué la soirée.

Gossip

© VANESSA CARDOSO | Beth Ditto et Gossip ont ouvert les feux sur la Grande

A 34 ans, Paléo est un grand garçon qui mange bio, pense environnement et tient la porte aux dames. La preuve, hier, au moment de démarrer une nouvelle édition de six jours déjà sold out: toutes les scènes de la manifestation nyonnaise se sont offertes aux bons soins de quelques demoiselles, qui surent en tirer parti.

Anaïs, d’abord, sous le Chapiteau rempli. La trouille des bouchons a semble-t-il encouragé plusieurs vacanciers à pousser tôt vers Nyon, et la plaine de l’Asse se garnit rapidement sous un cagnard brûlant. Sportive, Anaïs! Qui trépigne et joue les fausses mijorées dans un format raisonnablement rock. Tonique apéro.

Prenant leur courage et leur assiette de curry vert à deux mains, les plus téméraires festivaliers se massent peu à peu devant la Grande Scène, que le soleil tabasse. Le gros œuvre est annoncé à 18 h 30…

Gossip, donc. La dame en taille XXL, Beth Ditto, se fait attendre, tandis que les maigres synthétiseurs cuisent devant une foule impatiente. Un quart d’heure de retard, «problème technique», s’excuse un speaker. Damned, Paléo 2009 débuterait-il sur un couac? Frémissement sur l’Asse, suspense terrible! Mais même les écueils du Paléo sont bien élevés: quinze minutes pile-poil plus tard, le problème est terrassé et Beth Ditto dépose ses 80 kilos (100 selon des sources plus perfides) sur la Grande Scène. Le trio américain joue à quatre (un bassiste en renfort) mais, as ever, Gossip ne serait qu’un énième et besogneux avatar electro-rock sans la présence de son «hénaurme» chanteuse. Robe moulante, cheveux couleur de jais et maquillage outrancier, la demoiselle gambade d’un bout à l’autre de la scène, Chaperon noir sans panier ni culotte qui effrayerait un loup de ses hurlements tempétueux.

Car Beth Ditto a appris à hurler, souvenir de ses années punk au sein d’obscurs groupes de son Arkansas natal. Elle a appris à chanter, également, façon gospel du pauvre. Les deux arts se mêlent dans une logorrhée fiévreuse, qui gomme les déjà minuscules reliefs des chansons – volume de guitare rikiki, rythmique minimale. Gossip existe «en groupe» de façon plus convaincante sur les compositions de son nouvel album, Music For Men.

Mais la subtilité musicale n’est pas le projet de cette fin d’après-midi. Sur un tempo discoïde, le groupe rejoue une ambiance début eighties où Siouxie And The Banshees, Blondie et Suicide s’ébattent joyeusement. Ça passerait mieux en club mais, entre deux rots gras et houblonnés, la diva maousse secoue la plaine comme elle remue ses fesses: massivement.

Rarement un concert d’ouverture sur la Grande Scène aura motivé une telle curiosité et un engouement si communicatif.

Un cran plus haut encore dans la communion, une foule plus sage attendait sous Chapiteau Sophie Hunger, fierté nationale avant les feux du 1er Août. Passionnée mais appliquée, la Zurichoise nouait la gerbe de cette féminine introduction, en attendant plus tard les mâles de Placebo.

Quoique le nouveau catogan de Brian Molko puisse faire illusion…

Post a comment or leave a trackback: Trackback URL.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: